Une mise au point du président

8 novembre 2010    Catégorie(s) : Matchs Imprimer. Imprimer.

Lors de la rencontre BC Belfort – ASSM Pfastatt, samedi soir, il s’est produit un incident qui a conduit notre président, présent dans les tribunes, à écrire une mise au point que nous publions évidemment in-extenso.

Chers amis sportifs,

Mes interventions écrites ou verbales sont rares, mais je ne peux pas m’empêcher de vous relater un fait de match, à mon sens inqualifiable lors de la rencontre de samedi soir. En préambule, je voudrais féliciter toute notre équipe pour cette victoire ainsi que nos adversaires pour leur combativité, et hormis un élément, leur bon état d’esprit.

Beaucoup d’entre vous apprécient Pathé YATERA. Ce garçon très intelligent et très attachant, s’est fondu au sein de notre Association comme s’il en avait toujours fait partie. Toujours de bonne humeur, respectueux et profondément croyant, Pathé met un point d’honneur à se comporter en dehors et sur le terrain en « Monsieur », voulant dédier sa vie professionnelle aux jeunes.

Samedi soir, lors de cette rencontre, il y a eu un clash : Pathé s’est emporté contre un de nos adversaires, et ses coéquipiers ont dû le raisonner et le contrôler. J’étais, à ce moment-là, dans les tribunes avec quelques supporteurs belfortains et nous avons entendu de la bouche de cet adversaire, des termes que mon éducation m’interdit de dévoiler ici. Nous nous sommes regardés, l’un d’eux s’est exclamé « C’est trop facile, l’arbitre, sors-le (en parlant de Pathé) », avant que l’un de ses amis ne lui indique ce qui avait été dit. De ces mots qu’en près de 25 années passées sur un terrain de basket, je n’ai jamais entendu…

Alors voilà, l’attitude de Pathé YATERA à ce moment méritait certainement une faute disqualifiante, que l’arbitre n’a pas sifflée et pour cause…  A quelques mètres de l’action, ce dernier a dû entendre les mêmes propos que moi. Dans ma volonté moi-même d’apprendre à mieux respecter le corps arbitral, je me suis inscrit cette année à la formation d’arbitre animée par Michael FRANCK et ce dernier insiste, outre sur le respect du règlement, sur l’attitude à adopter en toute circonstance. Même si d’aucuns prétendront que les arbitres ont, ça et là, au cours de la rencontre sifflé X contact qui ne méritaient pas de sanctions, ils ont à mon sens tenu ce match convenablement et ont su préserver les intérêts du sport. Alors merci à eux et bravo.

Alors, pour en revenir à ce qui fait l’objet de mon intervention ici, sachez que pour que Pathé YATERA sorte de ses gongs, il faut vraiment, mais alors vraiment que des propos blessants aient été tenus. Ce garçon m’a, par sms, présenté ses excuses pour son attitude pendant cet incident, peu de temps après le match. Pour reprendre ses termes « je n’ai pas à me comporter comme cela, quelque soit la provocation, eu égard à tous les enfants qui assistent à notre match ». C’est la première fois qu’un joueur, de son plein gré, adopte un tel mea culpa, dans notre Association.

Et Pathé a réalisé un match dans la continuité des précédents, sobre et efficace, faisant toujours dire aux supporteurs belfortains : « p.., quel joueur, dommage quand même qu’il ne soit pas sorti » (entre nous, c’est de bonne guerre !!!). Je n’ai pas de honte à vous écrire, qu’avec mon caractère, cet adversaire aurait sans nul doute passé une partie de sa soirée à panser ses plaies, pour une insulte similaire…

Je voudrai conclure comme suit : la provocation fait partie du jeu. Je l’ai souvent utilisée et j’en ai été malheureusement un spécialiste, vis-à-vis des arbitres, des adversaires et même du public, notamment lorsque je jouais contre PFASTATT. Mais le respect des croyances, de la couleur de peau, de l’être humain en général font partie des valeurs que je qualifierai d’ordre public, pour notre sport. Certes, cet adversaire s’est excusé, mais c’était là, la moindre des choses. Honte à ceux qui profèrent des propos en contradiction avec ces règles. Et …CHAPEAU BAS, Monsieur YATERA.

Bertrand TACZANOWSKI